J’ai couru en vain les magasins high tech en quête d’un câble, introuvable au final ce jour là, pour mon Iphone. Dépitée, je descends les Champs, le regard flottant. C’est alors que je remarque un petit bout de femme voûtée, marchant à très petits pas.
Je l’observe de plus près et je m’aperçois qu’elle est très âgée et qu’elle s’est vêtue comme peut-être jadis. Elle ne lève pas la tête mais regarde ses pieds et le trottoir. Je suis intriguée et aussi abasourdie de voir un tel personnage, émouvant oui.
Personne ne semble la voir. Et pourtant, elle semble s’être apprêtée afin d’être distinguée dans ce flot de gens qui va et vient. Mais non, rien ne survient. Je décide de la suivre discrètement en respectant ce que je sens de douloureux et de si peu pudique en apparence chez elle.
Au bout d’un moment, elle parvient à reprendre son souffle et sa course en s’appuyant à un kiosque à journaux d’où est visible une affiche d’un film au titre quasi trop évocateur : je shoote à l’instinct. Le temps qui passe. Qui est irrémédiablement passé pour elle. Le temps qu’il reste, oui, c’est difficile.

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