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Qui suis-je ?

Paris, Paris, France
Artiste photographe humaniste contemporaine et chroniqueuse littéraire depuis 2010. Rejoignez moi sur ma page facebook nommée également "des gens ordinaires uniques". Les petits ruisseaux font de grands fleuves puis des océans !

mardi 11 mars 2025

Métro


 

Je déambule dans le métro pour rentrer chez moi. C’est une fin d’après-midi. Les peintres le savent bien. C’est vers cette heure là que la luminosité irradie tout sur son passage. Je remarque tout de suite la perspective libre qu’offre ce quai de métro aérien.

Les gens attendent. L’un a une valise. Tout porte à croire qu’il va bien profiter d’un long we prolongé, vive les rtt doit-il se dire en souriant intérieurement. Je me place alors de telle façon que mon cadrage montre bien cet élan que procure cet horizon évoquant une vraie liberté tout en faisant rentrer dans mon champs de vision les gens.

Et je shoote. Une seule prise. A la volée inspirée. 

Cette photographie se prête à plusieurs interprétations de l’attente. Belle attente en tous les cas ô combien symbolique. Belle car pleine de soleil qui joue avec le contraste qui se fait naturellement mettant en relief les ombres ainsi créées sur le bitume du quai. L’attente du métro? L’attente, déjà alors, d’un changement sociétal authentiquement démocratique pour tous ? L’attente ultime du Divin profondément bienveillant ?

Tout est possible. Chacun et chacune y voit ce qu’il ou elle veut bien y voir.

Ce qui est certain, c’est que sur cette photographie, on peut déjà y percevoir une subtile harmonie d’un appel puissant conjuguant modernité, humains, liberté et lumière radieuse.

A cet appel répondent enfin, aujourd’hui, d’innombrables échos qui ne cessent de s’amplifier. Partout. Chez tous. Pour tous. Message sublime.

Le travailleur harassé aveugle



Cette photographie parle d’elle-même. Avec force. Ce soir là, je suis allée rendre visite à un ami travaillant près de Bastille. 


En sortant, je me sens bien et j’éprouve l’envie de regarder autour de moi. Je me dirige vers la place de la Bastille. La nuit tombe. Les lumières de la ville s’allument. Paris est beau. Paris est magique. 

J’aperçois avec étonnement et émerveillement une fête foraine installée juste à côté. Je suis alors frappée par ce que j’observe. Les gens rentrent chez eux sans lever la tête pour admirer les marchandes de gaufres et de crêpes ou les guirlandes électriques qui scintillent de partout. 

Le contraste est si fort que je décide d’en témoigner. Je me place en perspective, attendant. 

Un homme rentre chez lui. Il semble assez jeune, l’avenir lui sourit. Il me dépasse, les épaules voûtées, le regard fixant le bitume. Il semble imperméable à la magie de la ville, de cette fête foraine. Au moment où il longe les gaufres, je shoote, et très lucidement. 

Pourquoi si lucidement ? 

Car le travail devient tant toxique que cet homme ne voit plus le sel de la vie. 

Cette photographie se veut électrochoc pour tous les travailleurs harassés aveugles. Afin qu’ils lèvent la tête. Et voient vraiment. 

Le message ici est limpide. Ne perdons plus notre vie à la gagner.Tout simplement.

Nous tous


Week-end détente, je reviens d’une ballade sur les quais de Seine et je rentre chez moi. RER B. Changement pour la ligne 13. Je passe alors devant une affiche qui me fait tourner la tête et m’interpelle. Je continue de quelques mètres mais vite, je retourne sur mes pas.

Cette affiche fait référence à une pièce de théatre. Elle fait sens. Fort. Devant des badauds pressés qui m’évitent, cherchant le meilleur angle de vue, je me mets en scène ou plutôt ma main, alors tendue vers, ouverte, montrant, témoignant, appelant chacun (e).

L’humanité, c'est eux, c’est vous, c’est moi, c’est nous tous. Conscients ou en devenir. C’est un appel  sourd, qui vibre. Voire un réveil. Ou un éveil.

Nonchalance


 Cette photographie est liée à celle représentant “Le travailleur harassé aveugle”. Et à son message. Car à l’époque de cette prise de vue, je travaille dans une grosse entreprise et je donne le maximum.


Pourtant ma hiérarchie directe est odieuse. Je subis alors. Mais ce matin là, je refuse d’être un pion arrivant pile à l’heure et devant faire des courbettes. Ma vengeance est délicieuse. 

Je m’offre le plaisir simple de prendre un café en terrasse, de respirer tranquillement et de regarder la vie aux alentours, baignée par la lumière. Je comprends alors que la vie n’est surtout pas qu’efforts, obéissance aveugle aux ordres, masse de travail considérable à gérer avec brio rendant mes deux managers à tour de rôle jalouses et amères et qui ne feront alors que redoubler le contrôle et la fermeté. Leur attitude fut punie.

La première fut congédiée suite à son attitude infecte rendue enfin visible aux yeux de tous en se montrant telle qu’elle est vraiment : agressive voire emplie de méchanceté avec toute l’équipe. J’étais alors en congés maladie pour harcèlement moral.

La seconde manager est restée. Et elle a, avec ruse, décidé de se débarrasser de moi. Tour de passe passe sous couvert d’autorité hiérarchique pour me faire porter son erreur, je suis convoquée par mon DRH. La suite est sublime.

Arrêt maladie long. Je rencontre un ami qui m’ouvre les yeux. Je quitte cette entreprise à regret mais avec soulagement aussi et surtout afin d’ignorer ces deux furies. Je n’ai pas fui. J’ai sauvé ma peau. Et cette nonchalance retrouvée palpable sur cette photographie est une bien bonne nouvelle.

Manager signifie-t-il déstabiliser, profiter de son pouvoir et sans cesse broyer l’individu ? Non.

Manager, c’est dialoguer, reconnaître les talents, rendant soi & l’autre meilleurs. Dans un respect et une authentique liberté qui sonnent vrai. Il y a du chemin à faire, certes, mais peut-être mon témoignage rejoignant tant d’autres fera-t-il réfléchir.

Le message à retenir ici ? Ne perdez plus votre vie à la gagner.

Réagissez. Agissez. Savoir dire non est parfois un grand Oui. J’ai dit Oui à la Vie en disant non à cet esclavage moderne dont le bourreau fut le Travail, incarné ici pitoyablement, petitement et médiocrement par ces deux managers Furies autant que Judas.

J’ai gagné : la justice m’a donnée raison. Vivre en artiste ? Vivre de mes idées ? Transmettre une vision humaniste que tout le monde appelle ? Oui, entre autres. Libérez-vous. Osez être. Et vous, vous le faites quand ?!

Le hasard est un clin d'oeil de la vie






J’aime beaucoup la photographie qui illustre cette publication. Misstic est passée par ici. La Butte aux Cailles, nichée dans le 13ème arrondissement de Paris, regorge de petites ruelles, de restaurants pittoresques et de gens hauts en couleurs si on sait s’extirper du flot de touristes. Je sortais d’un rendez-vous professionnel et l’envie de humer ce quartier village me saisit tels une faim d’iode et de vent marin. C’est comme une sorte de fringale de vrai qui me happe soudainement.

J’arpente donc les rues sans songer à baliser mon trajet. Je flâne et je me délecte de l’authenticité des gens d’ici qui se pausent sans poser dans les innombrables bistrots alentours. Je devine vite où sont les habitués et où sont les curieux par trop pressés. La ligne blanche imaginaire les départage par une attitude que je m’amuse à qualifier intérieurement de “paresseuse béate”. Leur insouciance est palpable tant ils semblent nonchalants. Et pourtant.

Ils ne roulent pas sur l’or. Ils jouent aux dés ou au tarot, quelques cigarettes, et un unique café devant eux qui semble leur conférer le droit à rester assis la journée durant, s’interpellant, s’apostrophant et en mirant les gens qui passent droit devant. Le respect est présent. L’envie d’être respecté et non dérangé dans ce qui est leur domaine tout autant.

Et c’est alors qu’une autre envie émerge en moi. Je veux leur causer, les regarder dans les yeux, les sentir. Et j’ose. Je m’engouffre dans un restaurant basque, mon plus beau sourire affiché et mes prunelles qui dansent. L’accueil y est presque trop chaleureux, trop humain, trop évident. Trois gars avec leur tablier me regardent avec un oeil gouailleur, bienveillant et généreux: ça transpire d’humanité idéale.

Je plane et je pose alors évidemment plein de questions très plates. Quel plat vous me conseilleriez ? Faut-il réserver ou non ? Y a -t-il à l’improviste toujours de la place pour des tourtereaux ? Puis je avoir avoir votre carte de visite, je reviens dîner chez vous, sûr de sûr. Et là. Le cuistot, le patron, le serveur s’agitent en tous sens. Non, ils n’en ont pas. Zut !

Et là. Un truc s’est passé en quelques secondes avec trois paires de bras moulinant l’air et leurs cervelles s’agitant. La débrouillardise coule dans leurs veines. Ils ont tout simplement enregistré une commande imaginaire à un centime d’euros et m’ont tendue cette facture truffée des informations essentielles qui m’ouvrait tout droit le chemin vers l’une de leurs tables à carreaux rouge et blanc. Et j’ai rosi de plaisir.

Et puis je suis sortie. Et je me suis retournée. Et j’ai vu. J’ai enfin vu. Misstic sait flairer les bons coins et l’imager. Je me suis mise en position de shooting. Et le plus âgé des trois est sorti au moment le plus merveilleusement hasardeux. Ca donne cette photographie. L’Ancien qui sait, qui sourit de partout, clope au bec et qui se place entre Lui et Elle, graffitis qui s’aimeront évidemment un jour. “Assurez vous contre le hasard, un regard est si vite arrivé”. Mon regard l’a capté. Le hasard m’a captée aussi. Incroyable la vie, non ?!

Le hasard est un clin d'oeil de la vie ;)